Relations et famille

Maman

Petite maman jolie, laisse-moi m’asseoir près de toi, sur le petit banc que papa m’a fabriqué, exprès pour moi. Je suis là, à tes pieds, pendant que tu couds. Je joue avec le mètre ruban, cherche dans la boîte à coudre tout ce dont tu as besoin, je suis à ton service, à tes ordres, à te plaire. Je suis à ma place. J’aimerais tant que ce soit ma place.
Petite maman gentille, sorcière vénéneuse.  Tu m’as voulue – pas voulue, pas née, morte, ou sinon, au pis-aller, garçon. Depuis, je cherche désespérément comment trouver grâce à tes yeux. Je frémis dès que ton sourcil se fronce. Tu es fâchée, mécontente de moi ? Mon univers s’écroule, je ne suis plus rien.
Tu es mon idole, ma reine de cœur. Je te courtise, cherche à te séduire, te gâter, te contenter. Tu es belle et parfaite. Moi, tu dis que je n’obéis pas, que je dis oui, mais sans faire ce que tu demandes. Alors, peut-être que tu ne seras jamais contente ?
Nous sommes près de la fenêtre, à côté de l’armoire à linge, ventrue et abondante. En bois clair sculpté, elle contient tous les trésors de la maison, le linge propre et les petits cadeaux que tu caches là, et que tu me donnes quand tu es contente de moi. Parce que, tout de même, ça arrive. Et je sais que tu es juste, toute juste, en cadeaux comme en punitions, et que j’ai toujours ce que je mérite. Pas un gramme de plus. Je n’ai pas encore perçu l’amour passionnel, féroce, que tu me voues : ta chose ou rien.

Tu m’as montré des photos de toi quand tu avais, comme moi, trois ou quatre ans. Comme tu étais jolie, avec tes longs cheveux ondulés, attachés par un beau ruban, et ta bouche comme une cerise. Moi aussi, je voudrais, je t’en supplie, avoir les cheveux longs, mais tu ne veux pas, trop compliqué, trop de travail… Alors, je ne serai jamais jolie comme toi.
Tu dis tout le temps qu’on est heureux… mais pourquoi, alors, vous vous disputez si souvent avec Mamé, papa et toi ? Je suis triste, je vais donner la fessée à Nounours, il a fait des bêtises. Et quand il rentre, papa ?

Amour ... 

L'amour est ce sésame magique après lequel nous courons tous. Nous y voyons la solution pour vivre heureux, enfin et définitivement. Pour constater qu'il y manque toujours quelque chose : erreur sur le choix de la personne, tromperie par le partenaire, ennui, absence, désaccords et dissensions, frustrations diverses ...

Nous a-t-il donc tant manqué ? Que cherchons-nous réellement ? L'amour que nous avons reçu enfant en était-il toujours ? Ou avons-nous en fait été "dévorés" de baisers, assommés de conseils, détournés de notre trajectoire de vie ?
Aujourd'hui, savons-nous aimer ? Nos enfants, notre compagnon ou compagne, les acceptons-nous tels qu'ils sont et veulent être, ou voulons-nous les ramener à ce que nous voulons d'eux ? Bref, les dévorons-nous ?
Et qui sont ces ombres qui marchent à côté de nous dans la vie, et la colorent de nuances parfois si sombres ?
"... l'état amoureux n'est qu'une réédition de faits anciens, une répétition des réactions infantiles, .../... c'est là le propre même de tout amour et il n'en existe pas qui n'ait son prototype dans l'enfance ..." S. Freud (1)
Voici un extrait d'un article paru dans l'édition du Monde du 9 novembre 2012, sous la plume de Fabrice Hadjadj et le titre "Faire la vérité dans l'amour".
"Le mot « amour » peut vite devenir détestable. On l'emploie pour toutes les causes, on le sert à toutes les sauces : de Dieu aux caniches, de la gastronomie à l'assassinat, pour conclure une dissertation médiocre, pour faire la bête à deux dos, l'« amour » a toujours bon dos. C'est le joker dans le jeu de cartes. C'est le sésame des quarante voleurs. Chacun y va de son petit éloge pour mieux en faire sa chose. - Quoi ? Oseras-tu contester l'amour ? Voilà qui te classe aussitôt parmi les haineux. De là le caractère éminemment pratique de ce terme : il met un terme à toutes les discussions. On dit : « C'est par amour », et c'est pour mieux s'enfermer dans sa bulle. .../... De fait, le verbe « aimer » s'emploie pour couvrir une multitude d'inclinations diverses. On aime une femme, mais on aime aussi les mathématiques ou la poule au pot. D'où le danger de confusion. On risque un beau jour de coucher avec une poule. Ou d'essayer de résoudre une femme comme un problème de maths. C'est pourquoi il convient, avant de faire l'amour, de faire la vérité. D'aucuns me rétorqueront : voilà bien le discours de la prudence, tueuse de passion. Ils prouvent à quel point ce sont des puceaux en la matière : ils n'ont jamais fait la vérité avec une femme, ils en méconnaissent l'aventure haletante.
Or je constate ceci. Je peux dire : « J'aime la poule au pot », mais je ne dis jamais à la poule au pot : « Je t'aime. » Mon amour la concerne, il ne s'adresse pas à elle. Une fois que je l'ai mangée, je peux toujours dire que « je l'aime ». En revanche, si je dévore ma bien-aimée, le « Je t'aime » devient impossible. Il y va là d'un amour plus extatique. L'essor qui me tourne vers l'autre n'y est pas que le moment d'une prise pour le ramener à moi. Il s'agit d'aller vers l'autre en tant qu'autre, en traversant la séparation, mais aussi en rejetant la fusion. Ici, faire la vérité dans l'amour, c'est rechercher une union qui n'est pas consommation jouissive, mais accueil de l'autre dans ce qu'il est .../..."
Tout y est ou presque. Et avec humour, en plus ...
(1) Observations sur l'amour de transfert

Jalousie !

Je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous un extrait de l'article d'Anne-Marie Garat paru dans le Monde du 21 juin 2012, intitulé "Ravissantes" :
"... Ségolène Royal et Valérie Trierweiler sont des ravissantes. De ces personnes pour qui le ravissement - et la prédation qui va avec -, plus qu'un sport de combat, est affaire de vie et de mort. Mais leur rapt n'est pas de même nature, il n'est pas au même étage, de même étiage, là blesse le bât, pour le dire charitablement.
L'une exerce sur le terrain de la chose publique, guerroie avec les armes virulentes que disputent les hommes aux femmes depuis le fond des temps, se les arroge sans leur permission - infraction majeure en soi -, ambitionne, prétention exorbitante, le pouvoir politique, qui suppose de promouvoir démocratiquement des idées, de la réflexion, de l'action, à ses risques et périls. Qui ne sont pas minces, vu l'état actuel des mentalités - et des appareils.
L'autre, sur le terrain de la chose sentimentale, chasse avec les armes charmantes que lui concèdent les hommes depuis le fond des temps, s'en outille avec leur permission, s'emploie à la séduction magazinière, au rapt conjugal bourgeois et à ses trivialités boulevardières, ambitionne le titre occasionnel et chimérique de "première dame", ce concept machiste comique, qui suppose de pratiquer la vertu classique de faire-valoir du grand homme, quitte à friser l'imposture et le quiproquo.
Créditée de sa faible propriété atavique, elle ne tire légitimité que d'avoir ravi un coeur, un seul dont elle est l'élue, peut-être, et la faveur d'une couche où elle reste à jamais seconde, fatale loi de succession temporelle, cherchant à en chasser la répudiée honnie, terriblement enviable en fantasmatique, et qu'il lui faut en désespoir de cause ruiner ; conflit à quoi elle s'épuise en vain ; quelles que soient ses qualités ou ses défauts par ailleurs..."
Je n'adhére pas à la différence évoquée de ce qui arme l'une et l'autre (l'une son discours politique, sa recherche du pouvoir ..., l'autre ses hauts talons, ses tweets et finalement aussi sa recherche du pouvoir ...), car toutes deux semblent équipées d'artillerie lourde ! D'ailleurs l'auteur parle bien de prédation, d'armes, d'outil ... On est bien là sur le terrain du phallique. Mais ce qui a retenu surtout mon attention, c'est l'évocation de la jalousie dévorante qui semble animer la seconde.
Qui ne s'est pas retrouvé dans sa vie aux prises avec ce sentiment ravageur du fait de devoir partager un homme, ou une femme avec un autre homme ou une autre femme ? Quand il ne s'agit pas de répéter inlassablement le même type d'histoire amoureuse avec ses partenaires successifs : amant ou maîtresse d'un ou d'une partenaire déjà en couple, pourquoi ceux-là revivent-ils toujours la même chose comme s'il n'y avait pas sur terre tant de personnes libres ? Quel désir profond les pousse à revivre indéfiniment cette souffrance terrible ?
Et que dire de ceux qui s'invente un rival alors que leur partenaire est fidèle (dans ses actes, en tous cas), allant jusqu'au délire dans leur désir de souffrir ? Délirer qu'un ou une troisième est là, dans les pensées de l'autre, dans les bras de l'autre, voire dans leur lit ... Ce ou cette troisième, qui, le plus souvent, ne plaît même pas à l'autre ... Alors, à qui donc plaît-il, à revenir toujours en fantasme en troisième dans une relation à deux ? Et que dire alors de l'autre, qui a choisi un ou une partenaire aux prises avec cette jalousie délirante ? Qu'est-ce que ça lui apporte ? Une bonne question à se poser, non ?

Colère 

Face à un colérique, quelle est l'attitude à adopter au moment d'une crise ?  Tout d’abord, il faut savoir qu’une personne colérique est une personne qui souffre. Cette personne tente de façon maladroite de diminuer sa souffrance en s’en prenant aux autres, et en leur reprochant de souffrir à cause d’eux. En vérité, il n’en est rien, le colérique souffre pour des raisons très anciennes, qui n’ont rien à voir avec son entourage actuel. Ou presque rien à voir. La colère envers son partenaire permet au colérique d’évacuer sa souffrance en se persuadant que tout son malheur vient de l’autre. 

En fait, en évacuant sa souffrance de cette façon, le colérique fait souffrir son entourage, ce qui en pleine crise lui échappe complètement. Il peut, cependant, s’en rendre compte quand la crise est passée. Mais certains le minimisent totalement.

En général, quand le colérique s’en prend à son partenaire, celui-ci vit un traumatisme, que cela soit dû aux cris, aux insultes, ou à des manifestations violentes. Le partenaire peut réagir par le calme, mais parfois aussi de façon plus affirmée, quand les attaques sont particulièrement virulentes, et considérées par lui comme injustifiées.

La seule attitude qui serait vraiment payante, serait que le conjoint du colérique cesse au plus profond de lui-même de se sentir concerné. Et que par conséquent, les paroles prononcées, ou les actes produits pendant la crise ne l’atteignent réellement pas.

Est-il important de clarifier les raisons d'une colère juste après ? Comment le faire ?

En général, après une crise, le colérique se sent mieux. Parfois, il a même jusqu’à « oublié » ce qu’il a fait ou dit. On peut alors tenter de revenir sur ce qui s’est passé, mais il faut que le partenaire soit extrêmement serein, ce qui est rarement le cas. Il peut, lui, se sentir brisé par la crise qui vient de se produire et mettre beaucoup de temps pour s’en remettre. S’il tente une clarification trop vite, ou maladroitement, la crise peut repartir.

Peut-on conseiller à un colérique d'écrire les motifs de ses griefs afin d'éviter les crises ?

Il est difficile de conseiller quoi que ce soit à un colérique, puisqu’il trouve un remède à sa souffrance dans ses colères, en se convaincant que les torts sont chez l’autre. Il faut parfois attendre longtemps avant que le colérique accepte de regarder en lui-même. Mais certains sont malheureux de faire vivre ces traumatismes à leur entourage. Dans ce cas, écrire peut être une bonne chose, dans la mesure où cela permet au colérique de prendre de la distance avec ce qui l’agite, de mettre des mots, pas juste de jeter tout ce qui lui passe par la tête pour blesser.

Se poser en victime face à un conjoint colérique peut-il aggraver la situation ?

Le partenaire est déjà dans une position de victime lorsqu’il est face au colérique. Et c’est probablement cette posture de victime qui a permis au colérique de développer sa colère.

Peut-on prendre de la distance lors d'une crise de colère ? (en sortant de la pièce, allant faire un tour...)

Oui, absolument, que l’un des deux sorte, si possible dehors. Si c’est le partenaire qui sort, il doit le verbaliser, et dire : « je vois qu’on ne peut pas se parler calmement pour le moment, je ne veux plus entendre ce que tu es en train de me dire, que je pense insultant et complètement injustifié. Je sors un moment. » Plus facile à dire qu’à faire !

Jusqu'où doit-on accepter ses colères ?

Les cris et hurlements, les insultes, les objets cassés, sont autant de traumatismes, qui tous s’apparentent à de la violence physique et peuvent devenir insupportables. J’ai connu une femme qui avait régulièrement des douleurs de dos terribles après une colère de son partenaire. Si le colérique casse ou détériore des objets auquel son partenaire tient, cela s’apparente à un viol.

Pour bien faire, on ne devrait accepter aucune colère, et la question que doit se poser le partenaire est : « quelles sont les raisons pour lesquelles je reste ? ». Rares sont les colériques qui viennent en thérapie (puisque les responsables de sa colère sont les autres). Par contre, une thérapie peut aider le partenaire à comprendre sa position dans la relation et la modifier.  



1 commentaire:

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