dimanche 5 octobre 2014

Maman


Petite maman jolie, laisse-moi m’asseoir près de toi, sur le petit banc que papa m’a fabriqué, exprès pour moi. Je suis là, à tes pieds, pendant que tu couds. Je joue avec le mètre ruban, cherche dans la boîte à coudre tout ce dont tu as besoin, je suis à ton service, à tes ordres, à te plaire. Je suis à ma place. J’aimerais tant que ce soit ma place.
Petite maman gentille, sorcière vénéneuse.  Tu m’as voulue – pas voulue, pas née, morte, ou sinon, au pis-aller, garçon. Depuis, je cherche désespérément comment trouver grâce à tes yeux. Je frémis dès que ton sourcil se fronce. Tu es fâchée, mécontente de moi ? Mon univers s’écroule, je ne suis plus rien.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire