dimanche 29 décembre 2013

Blessure

Mais d'où viennent ces blessures qui souffrent dans nos coeurs ? Cet arbre était solide, il l'est toujours, d'ailleurs. Mais voilà, un évènement, orage ou tempête, l'a déstabilisé.
Nous vivons tous des évènements difficiles que nous gérons avec nos talents personnels. Et puis un jour, un évènement parfois douloureux, parfois anodin, nous atteint profondément. Pourquoi celui-là ? Pourquoi si profondément ? C'est ce que l'on peut comprendre en faisant un travail sur soi.

dimanche 3 novembre 2013

Comment j'ai vu Gravity

Au-delà d'un superbe film d'aventure, d'un film catastrophe haletant, j'ai très vite été frappée par l'omniprésence de références au cordon ombilical : lien vital entre Ryan et Matt, les deux héros du film, lien mortifère dont Ryan doit se dégager lorsque son vaisseau est empêtré dans les cordes du parachute, lien que Matt doit couper, au péril de sa vie, pour que Ryan ait une chance de survie, lorsqu'il se détache d'elle, lien encore par radio avec Houston, lien de Ryan avec sa fille ...
Cela m'a amenée à lire ce film bien au-delà de l'histoire racontée. J'y ai vu une gestation, jusqu'à la dernière séquence, qui figure la naissance. Avec les nombreuses scènes en apesanteur, la position foetale prise par Ryan dans une scène, le cordon omniprésent. Gestation peu confortable, avec souffrance foetale, mais Ryan pourrait choisir de rester dans le cocon maternel de la capsule spatiale, au moment où elle baisse les bras, découragée.

J'y ai vu aussi une réflexion sur la vie et la mort, alternance entre désir de vivre et de mourir. Vivre en pleurant son enfant mort, vivre en étant trop protégé, ou vivre en étant autonome. Mourir d'être trop protégé, mourir pour laisser vivre l'autre, mourir parce que c'est la seule issue.
Et c'est un des aspects fascinants du film, qu'il raconte ainsi tant d'histoires en parallèle. Le mouvement de l'envie de mourir vers le désir de vivre de Ryan, et en même temps le mouvement du désir de vivre vers la nécessité de mourir de Matt. Vouloir vivre et accepter de mourir.

vendredi 6 septembre 2013

Images de femme

Après la publicité des Weight Watchers que j'ai commentée l'an dernier, voici la campagne Sephora de cette année. Quel prix faut-il payer pour être glamour, sublime, fascinante, rayonnante, ... ou bombasse ? Cela met-il la tête au carré, enfermée à double tour dans ces obligations d'image ? Cela met-il une femme en état de sidération, les yeux écarquillés, ou perdus dans une vague contemplation du vide ? Quelle drogue a-t-elle ingérée, qui la stupéfie ainsi ? La bouche n'est plus là, il n'est plus question de parler, d'exprimer, tout est dans l'apparence, le maquillage, devenu masque, écran, en trois épaisseurs. 
Que faut-il donc masquer, alors avec ce fard cartonné ? Et qu'y a-t-il derrière ces masques ? Quel vide faut-il recouvrir, quel trou faut-il boucher ? Ces icônes de Sephora n'ont plus même le droit d'ouvrir la bouche, pour parler, crier ou manger.


Je suis également frappée par l'aspect écran de télévision des images. L'identité des femmes, et des hommes qui les aiment ainsi, formatées, stéréotypées, mises en boîtes, encadrées, est-elle donc définie par le "vu à la télé" ?
Aller voir un psy c'est aussi pour beaucoup apprendre et accepter de sortir de la dictature du jugement des autres, nos autres tutélaires, souvent nos parents, et par extension nos voisins, collègues, relations ...










Aller voir un psy pour faire un travail sur soi c'est, au-delà de chercher à soulager les symptômes qui nous font souffrir, accepter ses particularités qui font de chacun d'entre nous des êtres uniques. 

samedi 31 août 2013

Conte du mois d'août


Jeannot Lapin a mis sa salopette du dimanche, celle qui est rayée rouge et vert, où sa petite queue blanche ébouriffée fait le plus bel effet. Après son petit déjeuner (chocolat crémeux, brioche grillée, confiture de framboise maison), il a eu droit à sa cuiller de sirop d’edelweiss. C’est le fortifiant que Môman fabrique spécialement pour lui, son lapinou chéri. « Viens prendre ton sirop, mon biquet ! ». Môman a toujours été mauvaise en zoologie, c’est son seul défaut.
Jeannot Lapin est le petit dernier d’une grande fratrie, celui qu’elle s’est jurée de garder avec elle, pour elle. Il est son lapinou sacrificiel. Mais elle a tant de tendre sollicitude pour lui, qu’il n’imagine pas remplacer le sirop d’edelweiss par une bonne rasade de génépi.
Hier, pourtant, ça a été plus fort que lui. Il s’est débrouillé pour monter sur le rebord de la fenêtre, humer l’air pur de la montagne et du grand large. Il n’imaginait pas sauter, non ! Mais Môman l’a surpris là, et s’est tout à coup transmuée en Merdragon, sorcière hurlante, ogresse menaçante, cannibale terrifiante. Il en a fait des cauchemars toute la nuit. « Ah, mon minou, tu crois que dehors, il y a des prairies vertes et fleuries, des oiseaux qui chantent, des torrents frais, des plages de sable fin … Foutaises !! Bonnes pour attirer les gogos sur les dépliants touristiques ! Tu es tellement mieux ici, mon choupinet, avec tes repas à heure fixe, ton linge lavé et repassé, et ta Môman qui t’aime. Plutôt te manger en civet, mon amour, que te laisser manger par un loup ou un ours, dehors ! ».
Et elle lui a montré des photos terribles, où des papas lapins mouraient engloutis par une vague de trente mètres ou écrabouillés par des rochers hauts comme un immeuble.
Jeannot Lapin parviendra-t-il à sortir du confort des griffes et des crocs de Môman ?

dimanche 27 janvier 2013

En travaux !

Une personne qui fait avec moi un travail sur soi a eu récemment une jolie formule, pour expliquer qu'elle n'avait pas réussi à gérer une situation de la vie qui lui posait un problème. Alors que dans un passé encore récent, tout échec la mettait dans un abîme de détestation d'elle-même, elle a eu cette phrase délicieuse, dans un grand éclat de rire : "Hé, c'est normal, je suis en travaux !!!"