mardi 15 février 2011

Angoisse

Il y a quelques années de ça ...
Je marche dans la rue. Tout va bien. Presque bien. Mais tout à coup, sans cause apparente, compréhensible, lisible, ça va mal.
Mon corps se vrille, ma respiration se bloque, une souffrance infinie m'envahit. Angoisse de rien, angoisse de tout, de mort, d'anéantissement. Sensation minérale, d'être réduite à l'état d'un granit, pétrifiée.
Mon cou, ma poitrine, mon ventre sont serrés, écrasés, oppressés. Je ne respire plus, ou presque. Un râle assourdi sort de moi, je me recroqueville. Quelques instants plus tard, des larmes sortent, puis des cris, ça soulage. L'angoisse s'apaise peu à peu.

Que s'est-il passé ?

A l'époque, je suis en train de travailler en analyse sur ma relation de couple. Mon partenaire est beau, intelligent, diplômé, généreux, gentil, le rêve ... Il est aussi passionné, possessif à l'extrême, excessivement jaloux, violent. Je m'interroge sur ce choix, qui m'a souvent fait penser que je ne suis pas douée pour le bonheur conjugal. Mais qui l'est ? C'est si compliqué !!

Notre relation est depuis quelques temps, figée, paralysée par cette jalousie : tout est prétexte, il m'invente des amants, est jaloux de mes enfants, de mes amies et même de mes hobbies.
Plus jeune, je l'aurais quitté sans regret, confiante dans mon bon droit, et dans la perspective de reconstruire une relation meilleure, avec un autre, meilleur, puisque différent.
Mais là, je sais maintenant que j'y suis pour quelque chose dans ce qui se passe. 50/50, pas moins ! Si je pousse le raisonnement, je dois constater que je l'ai choisi pour ça, qu'est-ce que j'y trouve donc qui m'arrange, dans cette jalousie ?
L'enfer, c'est l'autre, a dit Sartre. Mais le point commun de tous mes enfers, c'est moi, et personne d'autre.